Quand les filles deviennent des garçons de Marie-Jo Bonnet et Nicole Athea

Les points de vue de deux femmes sur la question de la transidentité et de l’effacement des femmes qui en découle.

Mais pas n’importe quelles femmes.

Marie-Jo Bonnet est historienne de l’art, spécialiste de l’Histoire des femmes et du lesbianisme, membre du Mouvement de Libération de Femmes à sa création et a cofondé Les Gouines Rouges. Entre autres, elle a publié Mon MLF, Qu'est-ce qu'une femme désire quand elle désire une femme ?, Les Relations amoureuses entre les femmes, Les Femmes artistes dans les avant-gardes…

Nicole Athea est gynécologue et endocrinologue, ancienne interne et cheffe de clinique des Hôpitaux de Paris, et a déjà publié divers ouvrage sur la médecine des adolescents et la transsexualité.

Elles ont lié leurs points de vue afin de publier une lecture féministe éclairée, sociale et médicale sur la question transidentitaire. Elles replacent tout d’abord le contexte féministe en évoquant la nature et l’utilité du MLF et des Gouines Rouges. Le sexe biologique est la réalité qui a mené à leur fondation, car le sexisme est bien basé sur le sexe, et non le genre. Oui, les femmes existent ; elles n’ont pas de pénis, mais un vagin et un utérus que les hommes veulent contrôler. De plus, la sexualité entre femmes n’a rien à voir avec celle entre hommes, ce qui a amené des réflexions non-mixtes utiles aux luttes sociales, alors que les queers ont effacé toute non-mixité du paysage militant, au profit d’un discours idéologique répété bêtement par les néoféministes. Les hommes ont réussi leur coup. Le « colonialisme masculin » est présenté comme mouvement opérant au travers d’un « féminicide social » et du transhumanisme. Divers exemple sont cités, et des personnes ayant

« détransitionné » témoignent.

En effet, la société patriarcale opprime les femmes, ce qui pousse ces dernières à fuir cette violence sociale qui peut être meurtrière ; et ça fait environ 7000 ans que ça dure, selon des historienNEs. Le travestissement en homme est une des méthodes de fuite ou simplement d’existence, privilège réservé aux hommes alors, comme pouvait en témoigner des témoignages antiques d’Égypte sous le règne grec, car le patriarcat grec ne tolérait aucune femme de pouvoir ou capable de s’instruire. La bibliothèque était donc fermée aux femmes, qui devaient donc se travestir en homme pour y accéder, ce qui n’était pas le cas auparavant. Aussi, depuis quelques décennies, on observe des femmes qui cherchent à se rendre « moins attirantes » pour éviter le harcèlement sexuel, en ne se maquillant pas (tant mieux pour leur peau), s’habillant en jogging bien ample pour que les formes soient masquées, voire en se voilant. Un autre type de fuite existe : la transidentité.

Les femmes sont la cible permanente du patriarcat et cherchent à le fuir en trouvant le stratagème le plus efficace, et sont poussées par les queers à subir un traitement chimique artificiel, avec des effets secondaires graves et irréversibles, voire des mutilations chirurgicales. Au détriment de leur santé, elles vont subir une thérapie de conversion pratiquée par les nazis et la théocratie d’Iran.

Les queers ont une drôle de vision de l’antipatriarcat (puisqu’ils se revendiquent ainsi, alors qu’ils font le contraire) ; d’ailleurs, leurs revendications sont basées sur des demandes bourgeoises comme le mariage et la GPA.


Les autrices mettent aussi en avant l’absence de modèle féminin et/ou lesbien pour les jeunes femmes, qui grandissent ainsi sans référence sociale, alors que les hommes ont tous les modèles possibles, de la vertu à l’horreur. Aussi, elles dénoncent l’absence de recherche de source des souffrances de ces jeunes femmes qui sont poussées à transitionner. Au contraire, les violences subies par ces patientes sont niées par les psychiatres qui vont jusqu’à alimenter leur souffrance. Au lieu de leur dire « Tu as été victime de viol(ence)s, c’est pour cette raison que tu rejettes ton propre corps, objet de ton abuseur. », ils leur disent « Tu rejettes ton corps car tu es trans, et tu serais transphobe de penser le contraire. »

La médicalisation des jeunes est devenue une nouvelle aubaine financière pour les médecins, chirurgiens et laboratoires pharmaceutiques. La vision sexiste des queers efface les femmes, au profit d’hommes modifiées à l’apparence dite « féminine » selon eux, une version hypersexuelle, misogyne, vulgaire et soumise des femmes.

Les queers veulent que les femmes se taisent face à eux, et ils en ont la force physique, idéologique et organisationnelle.

Mais leurs jeunes victimes se réveillent des années plus tard, et il est souvent trop tard, étant devenuEs stériles, souffrant d’ostéoporose, d’anorgasmie et mutiléEs. Le rejet des « detrans » est presque systématique chez les queers et les médecins transaffirmatifs. Les victimes, trop jeunes pour comprendre les enjeux au moment de prendre ces décisions, portent plainte une fois adultes, et se retrouvent rejetées par les mêmes personnes qui les ont « soutenues » dans leur transaffirmation. L’intérêt des profiteurs disparaît en effet dès lors que leurs victimes se rétractent.

On a donc en cet ouvrage une description claire et détaillée de l’histoire du lesbianisme et du féminisme, ainsi que des raisons qui poussent ces filles à devenir des garçons ; la dénonciation d’une société patriarcale qui médicalise les jeunes et met en conformité les individus.

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