Petit bréviaire critique de la novlangue trans
Une femme trans est une femme
Il faut entendre ce slogan martelé depuis la tribune du Parlement européen pour se rendre compte de sa dangerosité.
Ce slogan ne veut rien dire. "Un gloubiblouga trans est un gloubiboulga" : avez-vous compris ce qu'est un gloubiboulga ? Non. Cette définition circulaire n'apporte rien à la définition du mot femme.
Mais la forme transitive qui répète le mot femme accentue son aspect logique. On peut dire : une femme noire est une femme. Une femme riche est une femme. Une femme handicapée est une femme. Une femme blonde est une femme. Et évidemment toutes ses expressions sont exactes simplement elles n'apportent rien à la description des êtres humains de sexe féminin.
Pourquoi donc marteler ce slogan orwellien aussi inexacte que ceux du roman 1984 ? Parce que, sous son aspect logique : une femme xx est une femme, il contient une profonde contrevérité puisque les "femmes trans" ne sont justement pas des femmes, mais des êtres humains de sexe masculin. Le vrai slogan serait donc : Une femme n'est trans que si c'est un homme. Les autres sont des femmes cis. Ce que bien sûr, les propagateurs de l'idéologie trans refusent de reconnaître.
A noter que l'on n'entend jamais le slogan : un homme trans est un homme. Et pourquoi ? Tout d'abord à cause de la profonde misogynie du mouvement trans qui se soucie beaucoup des droits des mecs se prétendant femmes et beaucoup moins de ceux des filles se fantasmant mecs. Ensuite parce que si les mecs veulent aller dans les compétitions sportives, les vestiaires, les refuges et les toilettes des femmes, l'inverse est beaucoup moins vrai. C'est normal que des filles ne veulent pas aller dans les compétitions masculines, me direz-vous ? Ah bon, donc le corps biologique a une certaine importance notamment dans le sport.
Notons aussi l'importance du phallus dans notre société et il est évident qu'une enfant née fille n'en est pas pourvu. Prétendre qu'il existe des hommes sans pénis serait une atteinte à la sacrosainte virilité patriarcale de la société. Déclarer par contre qu'il existe des femmes à pénis serait pour certains reconnaitre un pouvoir phallique aux femmes, précisons à certaines femmes, celles qui sont des hommes. Enfin parce que, depuis des siècles, le mot homme a conservé son ambiguité et que nombreuses sont les personnes qui croient que ce mot peut représenter les deux sexes, comme dans "Déclaration des droits de l'homme". Même si bien sûr lors de l'écriture de la dite déclaration, les êtres humains de sexe féminin étaient bannis de ces droits prétendument universels.
Sexe assigné à la naissance
Mais qui donc assigne leur sexe aux enfants ? Les parents ? La sage-femme ? L'obstétricien.ne ? Dieu ? Le sexe n'est ni assigné, ni choisi par quiconque, il est juste constaté. Et grâce aux échographies, bien avant la naissance, au troisième mois de développement du fœtus. Il s'agit d'une loterie, plutôt bien faite, puisque sans intervention humaine, il nait à peu près moitié moitié d'enfants de sexe féminin et de sexe masculin. C'est qui est pratique pour des mammifères dont la reproduction nécessite l'apport d'une gamète femelle et d'une gamète mâle. A noter que lors de la politique de l'enfant unique en Chine, il naissait plus de garçons que de filles à cause d'avortements sélectifs féminicides.
Il existe de très rares cas d'enfant dont le sexe est indéterminé, des enfants nés intersexes. Mais ils sont l'exception qui confirme la règle de la binarité sexuelle de l'espèce humaine.
Faire croire aux enfants que leur sexe leur a été assigné à la naissance, permets de leur faire croire d'abord qu'ils sont victimes d'un grave malentendu, ensuite qu'il est possible de changer de sexe et de réparer l'erreur faite à leur naissance.
Toute personne s'étant rendue dans une maternité ou ayant vécu l'arrivée d'un bébé dans une famille sait bien que la morphologie humaine permet de repérer facilement, et avant la naissance, le sexe de l'enfant. Cette affirmation tellement stupide est pourtant la base de l'idéologie trans aussi des acronymes ont été créés, ce qui permet de les lire sans vraiment les questionner. Une personne "amab" ou "afab" se lira (en anglais) assigned male/female at birth. Mais écrire l'acronyme afab ou amab fait plus scientifique n'est-ce pas ?
Il arrive, rarement, que le mouvement trans apporte de mauvaises réponses à de bonnes questions. Ainsi des études ont montré que les familles assignaient dès la maternité des stéréotypes sexistes aux jeunes bébés. On dit ainsi d'un bébé fille : qu'elle est douce, qu'elle est belle. Et d'un bébé garçon : qu'il est fort, qu'il est costaud. Cela avant que l'enfant n'ait pu développer son corps et son caractère. De même le berceau rose ou bleu, les habits choisis et ainsi de suite. Avoir conscience de ces stéréotypes est une première étape pour aider les enfants à grandir sans le poids des préjugés sexistes.
Né.e dans le mauvais corps
"Je suis né.e dans le mauvais corps" est l'expression toute faite pour demander aux médecins (et à la sécu) "des soins affirmatifs de genre". Nous sommes tous né.es dans le bon corps, le nôtre. Et l'objectif est de le garder en bonne santé. Bien sûr, beaucoup de femmes aimeraient mesurer 1,70 m, avoir les yeux bleus et une belle chevelure, le menton comme ceci et les fesses comme cela, et les seins ni trop gros ni trop petits. Et beaucoup d'hommes aimeraient mesurer 1,90 m, avoir des pectoraux saillants, une tablette de chocolat comme abdominaux et bien sûr un pénis ni trop gros ni trop petit.
L'inflation de la médecine esthétique montre l'importance de l'aspect extérieur et de la beauté pour le bien-être mental, sur les réseaux et dans la vie. Cela est particulièrement vrai à l'adolescence, lorsque les bouleversements hormonaux et physiques vous transforment, parfois rapidement. Les questions qui se posent dans cette période charnière, le regard critique sur soi, les remarques des autres personnes autour peuvent être déprimants et fragilisants. C'est particulièrement vrai des adolescent.es homosexuel.les. Un jeune homme efféminé, qui aime s'habiller d'une robe, se maquiller, exprimer ses émotions et rêve d'embrasser des garçons, ou une fille masculine qui aime le foot, déteste le maquillage, ne s'habille qu'en survêtement et rêve d'embrasser des filles, peuvent se sentir en complet décalage avec les autres ados de leur classe et avec les attentes de leur parents et de la société. Comment s'étonner alors que d'aucun.es concluent qu'ils ou elles sont né.es dans le mauvais corps et souhaitent paraître de l'autre sexe. C'est là que l'idéologie du genre est dangereuse parce qu'elle pousse ces jeunes dans un marathon médical mutilant, stérilisant, et sans chemin de retour. Ces transitions de conversion veulent transformer la lesbienne ou le gay en "homme trans" ou "femme trans" hétérosexuel.le. A ce titre, elles devraient être interdites comme toute thérapie de conversion homophobe.
Identité de genre, ressenti de genre, expression de genre
Dans les études féministes, le genre est le comportement associé à l'un ou l'autre sexe. Ainsi les femmes font le ménage, sont empathiques et bavardes pendant que les hommes font du bricolage, sont rationnels et silencieux. Les féministes ont étudié ces comportements stéréotypés associés à l'un ou l'autre sexe et ce sont l'ensemble de ces comportements, attitudes et attendus qui forment les genres féminin et masculin.
L'idéologie trans a transformé le concept de genre, qui d'un comportement devient une identité. Mais l'identité de genre n'existe que pour ceux qui y croient, comme l'âme. Un homme peut avoir une attitude, des centres d'intérêt, des ressentis proches des stéréotypes féminins, cela n'en fait pas pour autant une femme. De même, une femme peut avoir une attitude, des centres d'intérêt ou des ressentis proches des stéréotypes masculins (c'est le cas de nombreuses lesbiennes) mais cela n'en fait pas pour autant un homme.
La force du mouvement trans est d'avoir réussi à faire entrer ce concept "d'identité de genre" dans la législation européenne, alors que personne n'en a prouvé l'existence. Mais ce concept permet d'accuser toute personne qui récuse ce mouvement de transphobie et de discrimination en raison de l'identité de genre. Un gynécologue refusant d'examiner un homme se prétendant femme sera ainsi puni par le conseil de l'ordre des médecins. Quand on pense qu'il a fallu plus d'un siècle en France pour que les femmes aient le droit de vote comme tous les hommes, la rapidité de l'insertion des concepts trans dans la législation démontre, s'il en était besoin, qu'il s'agit d'un mouvement viriliste et certainement pas féministe.
Mais vous pouvez vous sentir proche des caractéristiques de l'autre sexe sans pour autant vouloir franchir le pas de la mutilation physique. On dira alors que vous avez un "ressenti de genre", masculin si vous êtes une femme, féminin si vous êtes un homme. Et si vous montrez ces caractéristiques de l'autre sexe dans votre habillement ou vos attitudes, on dira que vous avez une "expression de genre", masculine si vous êtes une femme, féminine si vous êtes un homme. Ces différentes expressions, en graduant l'implication dans le mouvement, permet aussi aux transactivistes de s'appuyer sur des allié.es et de devenir un mouvement attrape-tout.
Car qui correspond exactement aux stéréotypes sexistes ? Toutes les femmes ne sont pas et ne rêvent pas d'être une icône de la féminité, telle Kim Kardashian par exemple. Et tous les hommes ne sont pas et ne rêvent pas d'être des icônes de la masculinité, tel Arnold Schwarzenegger par exemple. Au contraire, beaucoup d'êtres humains construisent leur personnalité dans un entre-deux loin des clichés sexistes : un homme qui fait la cuisine ne perd pas sa virilité et une femme qui joue au foot ne perd pas sa féminité. Mais le mouvement trans accentue les stéréotypes. Un homme pour prouver qu'il est une femme va s'habiller en robe moulante, porter des hauts talons, se maquiller outrageusement et surjouer les mimiques féminines. Alors que les femmes et les féministes luttent au contraire pour se libérer de ces stéréotypes. Ainsi, il n'est pas rare que dans les réunions ou associations de lesbiennes la seule personne en robe soit... un homme. Mais si un jour nous pouvons librement choisir ce qui nous plait, nous pourrons montrer toute la diversité de ces choix et de ces genres, dans la binarité des sexes de l'espèce humaine, délivrée des stéréotypes.
"Nous au planning familial savons qu'un homme peut être enceint"
Je pense qu'il s'agit de l'affiche qui a fait connaître le mouvement transgenriste à tous les Français et toutes les Françaises. Car le planning familial représente une institution de l'histoire du mouvement français pour les droits des femmes. Le planning familial, parmi toutes les associations reconnues d'utilité publique, devrait savoir faire la différence entre les femmes et les hommes. Parce que rien n'est plus biologique que la reproduction, et que rien ne modifiera l'évidence que, pour se reproduire, l'espèce humaine a besoin des grandes gamètes, les ovules, et des petites gamètes, les spermatozoïdes. Et que l'être humain de sexe féminin qui produit les grandes gamêtes est celui qui porte l'enfant dans son utérus, et que cet être humain s'appelle une femme.
Que ce mot soit détourné, qui n'importe quel individu puisse s'identifier et se faire reconnaitre comme femme, et que, en miroir, le mot homme soit dévoyé, et que n'importe quelle personne puisse se prétendre homme, n'empêche pas la biologie de s'imposer. Aussi voir le planning familial, une institution censée apporter aide et soutien aux jeunes femmes afin qu'elles gèrent au mieux leurs capacités reproductives, accepter et promouvoir la novlangue a un effet vertigineux.
Il va sans dire que "l'homme enceint" est une femme qui au terme d'un long parcours médical et hormonal a transitionné vers le sexe masculin, d'où la barbe, la voix grave, etc, puis a a suspendu son traitement pour soit relancer sa fertilité, trouver un donneur et être fécondée, soit suivre un parcours de procréation médicalement assistée et être fécondée avec ses ovules, celles de sa compagne ou d'une donneuse. Dans tous les cas, la personne à barbe portant un bébé est pourvue d'un utérus. La personne enceinte, est une femme.
"Les TERFS au bûcher"
Variantes : "Une TERF, une balle, justice sociale", "Save a trans, kill a terf", "Des sisters, pas des cis-terfs"
Nous savons qu'être un homme éfféminé, une prostituée, une personne ou un couple sortant de la norme peut nous confronter à de la violence physique. Mais qui agresse les personnes trans ? Qui tue les personnes en situation de prostitution ? Qui les harcèle, les humilie ? En très grande majorité, des êtres humains de sexe masculin, des hommes. Mais qui le mouvement trans désigne-t-il comme l'ennemi absolu ? Les TERFS, pour Trans Eclusionary Radical Feminist, donc les femmes et féministes qui savent qu'être une femme est une réalité biologique constatée. Et pas un ressenti dans la tête d'un homme.
Et donc ces femmes féministes qui défendent les droits des femmes basés sur le sexe sont vouées aux gémonies, sont menacées de mort, sont harcelées en ligne, sont agressées physiquement pour certaines, sont muselées pour beaucoup, et sont attaquées en justice avec le poids de ces droits transgenristes inscrits dans la législation française et européenne.
Mais "les TERFS au bûcher", slogan que j'ai vu collé lors de la manifestation du 8 mars 2025 à la manière des collages féministes de Marguerite Stern, cet appel à la haine, ne vous rappelle-t-il pas la chasse aux sorcières. Mais qui croyais que le mouvement LGBTQIAAPWTF++ adore les sorcières, figures féministes s'il en est. Enfin, il adore surtout les sorcières du Moyen-Âge ou celles qui sont d'accord avec lui, si non, il leur promet le bûcher ! Comme au bon vieux temps de l'inquisition.
"Une terf, une balle, justice sociale" est un autre slogan intéressant car où est la justice sociale là-dedans ? La justice sexiste, la justice genrée peut-être. Mais un homme ou un groupe d'homme qui menaces une femme ou un groupe de femmes d'assassinat à coup de revolver parqce qu'elles expriment une opinion différente de leur bon-vouloir et de leur ressenti, je ne vois pas où est la justice là-dedans. La justice sociale encore moins ; les hommes, même se disant femmes, ont souvent un revenu supérieur à celui des femmes, et notamment à celui des lesbiennes.
A noter également qu'il n'existe pas d'abréviation TERM pour trans exclusionary radical masculinist ou même TEM pour trans exclusionary male. Comme si l'inclusion des personnes trans ou des hommes efféminés dans les espaces masculins (cafés, associations, clubs de sports, vestiaires, sanitaires, prisons) des hommes n'était pas au fond le problème. Mais c'est tellement plus simple de menacer des femmes.
Les personnes trans, leurs alliées et les FINTA
Si les hommes, dans l'histoire et encore aujourd'hui, n'ont aucun scrupule à interdire aux femmes l'éducation, certaines professions, le droit de vote, le mandat électif ou les responsabilités religieuses, les femmes, elles, ne se sont que rarement senties légitimes à écarter les hommes. Les associations féministes comme "NI putes, ni soumises", "Osons le féminisme", "Nous toutes", et même le MLF (liste non exhaustive) connaissent le même dilemme : accepter les hommes "féministes", ou s'excuser platement de son intolérance vis à vis de la gente masculine.
Aujourd'hui, avec le mouvement trans, tous les groupes de femmes doivent se penser comme potentiellement accessible à n'importe quel homme, n'importe quel homme (barbu, non opéré, hétéro) étant susceptible de se prétendre femme, comme l'a bien montré le cas du fasciste allemand demandant à purger sa peine dans une prison pour femme. Des festivals comme Cineffable créé pour être réservés aux femmes se déclarent dorénavant en "mixité choisie", ce qui signifie concrètement accepter n'importe quel homme qui se prétend femme ou non-binaire.
Outre la mixité choisie, un autre terme est apparu : les FINTA soit femmes, intersexes, non-binaires, trans ou asexuels donc tous les hommes sauf les cis hétéro ou homo. L'objectif étant que les femmes ne puissent pas se déclarer légitimement et simplement en groupe non-mixte mais se sentent obligées d'être à la disposition, en soutien, en valorisation, de n'importe quel homme s'il se proclame femme et féministe. Moi qui ai vu Denis Beaupin, élu parisien harceleur et accusé par de nombreuses femmes, porter du rouge à lèvres et du vernis à ongles et poser dans un journal le 8 mars en se proclamant féministe, je me dis que les femmes d'aujourd'hui l'auraient porté aux nues en faisant preuve de beaucoup de naïvité.
Je connais des femmes de tous les genres, de tous les styles, de toutes les races et de tous les caractères, mais aucune avec un pénis !