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Cette tribune liste un ensemble d’agressions commises et revendiquées par des militants de l’identité de genre au cours des dernières années en France.
Certaines organisations se revendiquant du « féminisme » assument de marginaliser socialement et professionnellement les femmes agressées (notamment quand elles travaillent dans le secteur culturel ou le médico-social) par ce type d’agressions.
Par exemple une grande association néo-féministe tient régulièrement des tables dans des lieux culturels ou elles distribuent, des tracts dénonçant ce qu’elles appellent les « TERF » à côté de tracts contre les violences sexistes et sexuelles, assimilant les deux. Si subir des violences masculines quand on est lesbienne implique d’être considérée comme « terf » et mis sur le même plan que les agresseurs sexuels avec tout ce que cela suppose professionnellement, les victimes seront les premières a tout faire pour cacher leurs agressions. Et pourtant certaines (2 %, 1% ? ) en parlent.
Ces agressions s’inscrivent dans une atmosphère ou certains militants ne sont plus capable de parler normalement mais répètent des éléments de langage. Certains militants utilisent systématiquement l’élément de langage « femmes trans et intersexes », alors que ces deux catégories n’ont aucun rapport entre elles. Les personnes appelées « intersexes » dans le langage militant naissent avec des particularités biologiques spécifiques. Les personnes trans ressentent que leur corps ne leur appartient pas, que c’est quelque chose de difficile à expliquer et de douloureux. Une distinction qui n’interdit ni la solidarité ni le respect.
Des femmes prises pour cible
À Rennes, le bar lesbien La Part des Anges[1] a été vandalisé en 2023 par des militants transactivistes. Dans un entretien avec Charlie Hebdo, son ancienne gérante, Orane Guéneau, explique que ses clientes lesbiennes se faisaient reprocher par des personnes ayant comme identité de genre « femmes à pénis et à torse poilu » de ne pas vouloir coucher avec eux. Son bar a été pris pour cible et vandalisé par certains d’entre eux, la poussant à fermer son établissement.
À Marseille, l’émission de radio La Révolution sera féministe[2] a également été prise pour cible après avoir donné la parole à diverses lesbiennes se plaignant d’être traitées de « transphobes » en raison de leur refus de se forcer à coucher avec des personnes à pénis et à torse poilu. L’animatrice a subi des menaces assez importantes pour devoir quitter la ville.
À Chevilly-Larue, Alexa Faucher employée de mairie & militante communiste a perdu son travail pour un tweet sur Internet où elle disait qu’il est biologiquement impossible de changer de sexe[3].
Dora Moutot est l’ancienne rédactrice en chef adjointe du média en ligne Konbini. Elle écrit aussi sur la sexualité des femmes et a été harcelée durant de nombreux mois par un influenceur transactiviste qui voulait contrôler ce qu’elle écrivait sur la sexualité des femmes hétérosexuelles. Quand elle s’en est plainte, elle a perdu son emploi. Elle est donc devenue critique du genre et elle a co-écrit un livre intitulé Transmania avec l’autrice et influenceuse Marguerite Stern.
Dora a été condamnée pour avoir affirmé à la télévision française que les femmes devaient se méfier des « personnes à pénis » (le nouveau mot pour désigner les hommes). Elle fait aujourd’hui fait face à de nouvelles plaintes et risquer jusqu’à un an de prison ferme. Selon elle, les associations qui ont porté plainte seraient financées par le contribuable et pourraient faire des recours sans fin.
Quant à Marguerite, elle avait lancé en 2018 le mouvement des collages contre les féminicides. En 2020, elle a dénoncé l’existence de milices transactivistes ultra-violentes. Depuis, elle est régulièrement prise pour cible et ne peut plus exercer d’emplois alimentaires sans être interpellée.
Une exposition de la photographe Pauline Makoveitchoux a été vandalisée à Vitry-sur-Seine en 2021. Aucune œuvre et aucune parole publique de Pauline n’a jamais abordé la thématique de l’identité de genre. Elle avait publiquement été accusée d’être amie avec Marguerite Stern.
L’artiste ivoirienne Laetitia Ky a été accusée d’être en désaccord avec la récupération des luttes afroféministes par certains transactivistes [4]. Certains miliciens comparent le fait d’avoir un pénis et un torse poilu et une barbe tout en se sentant lesbienne aux discriminations subies par les femmes noires ou d’origine magrébine.
Le Collectif Féminicides par compagnons ou ex a aussi été prise pour cible. Elles avaient inclus les personnes nées de sexe masculin tuées par leurs compagnons ou ex dans le décompte des féminicides mais cela ne suffisait pas. Les miliciens voulaient qu’elles y incluent tous les meurtres de criminalité classique (sur des femmes ou des personnes trans) quitte à décrédibiliser ce décompte [5].
Quand la contestation devient une faute
Il existe aujourd’hui des militants qui recensent et archivent les noms de femmes considérées comme « transphobes » ou « TERF » et l’entourage de ces femmes. Sur ces listes figurent la juriste Anissia Docaigne-Makhroff, la psychologue Céline Masson, la docteur Caroline Eliacheff, la militante anti-prostitution Daria Khovanka, la journaliste Francine Sporenda, la militante pour les droits des animaux Solveig Halloin, la youtubeuse Emy de la chaîne Antastesia et d’autres.
Le problème est moins la revendication de droits pour les personnes trans que l’interdiction du désaccord. On peut combattre les discriminations subies par les personnes trans sans nier la réalité. Et l’on peut soutenir les personnes intersexes sans les instrumentaliser dans un débat qui porte sur une autre question.
Signataires :
Marie-Jo Bonnet, féministe, historienne
Frederick Schminke, militant gay
Chantal Fleury, retraitée
Patrizia Tancredi, retraitée
Vivian Kuo, traductrice
Cláudia Borralho, fondatrice d’Alliance LGB Portugal
Sofi Plisson personnel de l’éducation nationale
Collectif Féminicides par compagnons ou ex
Jonathan Deschamps, Conseiller numérique
[1] https://charliehebdo.fr/2023/05/societe/bar-lesbien-vandalise-rennes-symptome dune-fracture-dans-mouvement-lgbt
[2] https://tradfem.wordpress.com/2025/11/28/la-revolution-plus-que-jamais-sera-feministe/
[3] Frontières - Chevilly-Larue : une directrice de cabinet à la mairie licenciée pour avoir affirmé qu’« il est impossible de changer de sexe »
[4] Laetitia Ky : “Je n'ai pas de genre, j'ai un sexe, et il est évidemment féminin”. — FEMELLISTE.